04.10.2009
Benjamin Constant
Benjamin Constant
Benjamin Constant. Le libéralisme tourmenté, Ed. Max Chaleil, 2009
http://www.leseditionsdeparis.com/
Que ce soit dans les relations interpersonnelles, en politique mais aussi en religion, Benjamin Constant se révèle un observateur et un acteur lucide. Sans complaisance pour nos facilités humaines mais résolu à ne pas se laisser emporter par une désillusion démobilisatrice. Sa démarche introspective le mène à se soucier avant tout de ne pas faire souffrir autrui. De ne pas blesser. Mais l’auteur d’Adolphe, tout porté au respect des « déchirements du cœur », reporte cette analyse de nos limites humaines dans l’exercice du pouvoir politique. Sa réflexion et sa pratique le mènent à rechercher des institutions destinées à protéger les individus des effets dus à leur propre nature. Et à juger la Révolution française de manière bienveillante mais aussi critique. Quant au domaine religieux auquel il a consacré l’ouvrage de sa vie, il ne cesse d’entrevoir dans toute foi l’opposition entre l’esprit conservateur et l’esprit de liberté.
Avec Constant, le sentiment religieux est envisagé d’un point de vue positif. Car, selon lui, la question sociale trouve sa source dans l’élan religieux. Ce dernier agit pour dénoncer l’injustice de ce monde et dépasser les conservatismes de tout ordre.
Rémy Hebding montre bien la spécificité de la démarche de Benjamin Constant. Son libéralisme et sa conception de la liberté l’aident à réunir, dans une seule vision, la terre et le ciel. L’organisation de la société trouve son impulsion dans l’intimité de la foi.
Bibliographie de Rémy Hebding
L’espérance malgré tout, Labor et Fides, 1998
Kierkegaard, Desclée de Brouwer, 1999
Eloge de la distance, Michel de Maule, 2002
Le protestantisme et la communication, Labor et Fides, 2003
Jean-Jacques Rousseau. Les Lumières grâce à Dieu, Punctum, 2005
Le protestantisme et la politique, Labor et Fides, 2006
L’autorité redécouverte, Olivétan, 2008
Pour comprendre la pensée de Jean Calvin, Olivétan, 2008
http://www.bibliomonde.com/editeur/desclee-brouwer-156.html
http://punctum.ed.free.fr/spip.php?rubrique1
http://www.editions-olivetan.com/
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26.09.2009
L'autorité redécouverte
L'autorité redécouverte, Olivétan, 2008
Autoritarisme patriarcal d'un côté, liberté à tout va de l'autre, dans la famille, à l'école, dans la cité, il est difficile de concilier l'application des règles les plus élémentaires du savoir-vivre et le refus de se soumettre à un code extérieur contraignant. La crainte de sombrer dans l'autoritarisme n'a d'égal que celle de découvrir les fruits amers d'une autonomie sans limite. A peine sortis d'une société de contrainte, nous percevons déjà les méfaits d'une permissivité désorientée. Nous discernons confusément l'urgence d'une reprise en main sans être assuré du bien-fondé d'un tel revirement. Car, aujourd'hui, les valeurs de la société traditionnelle ne font plus recette. Elles sont remplacées par celles du consumérisme démocratique. La liberté se voit identifiée au repliement individualiste de la satisfaction immédiate :"J'ai envie donc j'ai droit !". Dans ce contexte inédit, l'auteur explore des pistes où l'annocne évangélique apparaît paradoxale et stimulante. Au-delà des répétitions stériles et des libérations trompeuses.
http://www.editions-olivetan.com/
Lire les interventions de Rémy Hebding (journaliste), Didier Peyrat (magistrat) et Françoise Dufour (psychologue) lors des conférences d'automne du Centre Protestant de Rencontre de Cergy (95)
Dans la famille, à l’école, dans la cité… la crainte de sombrer dans l’autoritarisme n’a d’égal que celle de découvrir les conséquences désastreuses d’une liberté sans limites. On perçoit vite, dès le plus jeune âge, les dégâts causés par une non intégration des règles les plus élémentaires du vivre ensemble. Chacun voit cependant qu’il ne s’agit pas de vivre dans la nostalgie d’un ordre patriarcal dépassé, sans pour autant se sentir à l’aise avec une permissivité délivrée de toute contrainte.
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Conférences-débats et animation
- Mercredi 18 novembre à 20h30, salle du Dôme, Hôtel de Ville à Pontoise (95)
Dialogue interreligieux, débat organisé par le Comité interreligieux de Bernard Hance
et l'association Ressources de Pontoise
La Création du monde, de la Genèse à l'Apocalypse, dans les 3 religions monothéistes
Philippe Haddad, rabbin
Ghaleb Bencheikh, théologien musulman
Philippe Houillon, maire de Pontoise
animation Rémy Hebding
- Vendredi 27 novembre à 20h30, Lens
Conférence-débat sur protestantisme et politique
- Dimanche 29 novembre à 14h30, temple de Château-Thierry (Aisne)
Conférence-débat sur Jean Calvin (1509-1564) et exposition
Samedi 5 décembre à 17h15, Radio Fréquence protestante (100.7)
Interview sur Benjamin Constant par Bernard Sauvage
- Vendredi 29 janvier à 20h30, Alès (Gard) à la librairie Jean Calvin
Conférence-débat sur Jean Calvin (1509-1564)
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Crise financière
L’avenir ne fait plus rêver
Quand la finance prétend être sa propre fin, la machine s’emballe…
Que se passe-t-il ? Les pratiques spéculatives modernes visent une rentabilité maximum à court terme. Et les logiques financières maximisent un projet immédiat sans se préoccuper le moins du monde des conséquences pour l’avenir. Tout semble aller vite, trop vite. Nous ne vivons plus dans la durée de la production mais dans l’instant de la spéculation. Le vouloir et le faire se télescopent sans laisser de place au futur. L’endettement par le crédit donne une image assez juste des nouveaux modes d’existence à l’œuvre à tous les niveaux de la sphère économique. Nous avons la possibilité de consommer et de posséder des biens avant de les avoir payés. Le temps nous fait crédit. Il est pourvoyeur de richesses. Nous l’exploitons comme nous exploitons une terre supposée posséder des ressources illimitées, inépuisables. Nous savons qu’il n’en est rien, et nous continuons à vivre selon les schémas d’une consommation sans retenue. Mais cette course folle se paye par l’exploitation des plus faibles. Les pratiques spéculatives ne produisent pas de richesses. C’est une économie de prédateurs qui enrichit certains dans l’instant et appauvrit le plus grand nombre dans la durée.
Or, si, pour le chrétien, l’avenir a un sens, c’est en raison d’une inscription dans le passé. Un passé qui le projette dans un futur débarrassé de toute illusion et de toute malédiction. C’est le temps de la vigilance. L’espérance biblique est attente confiante au cœur des préoccupations et des idolâtries de notre monde. Il s’agit, dès à présent, de lire les signes d’un avenir transfiguré répondant à un appel à la conversion et au changement de nos manières de vivre en société.
La crise financière a mis à nu une crise bien plus profonde et bien plus essentielle que celle concernant les mécanismes économiques échappant à toute régulation. Elle concerne la manière dont nous nous inscrivons dans le présent face à des lendemains incertains. La confiance en l’avenir y a sa part. Et le sens attribué au mot « espérance » participe de cette interrogation première. Même si l’aspect strictement économique du problème semble cacher toute autre approche du problème.
Article paru en 2009 dans EPP
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